Après le scandale de l'amiante, celui des P.C.B., ceux des pesticides et avant celui des O.G.M., voici le scandale du bisphénol A (B.P.A.) et du polycarbonate. Ce ne sera plus chaque décennie, mais désormais chaque année, chaque mois, voire chaque semaine qui apportera son lot de scandales en matière de produits chimiques utilisés tous les jours dans l'industrie. Le mal est fait et la Directive REACH n'y changera rien tant que le profit immédiat passera avant le principe de précaution qui nécessiterait des années de tests et de quarantaine avant de mettre une nouvelle molécule chimique sur le marché.
En attendant, je vous propose de faire le point sur ce problème du polycarbonate et du bisphénol A, d'après les informations connues à ce jour, et sous forme d'une F.A.Q. / synthèse des connaissances :
Après des années de polémique, le gouvernement canadien a annoncé son intention d’interdire la vente de biberons contenant du bisphénol A (B.P.A.) - présent dans le polycarbonate, un plastique rigide transparent - et désormais considéré comme substance dangereuse par le Canada, nous indique Mescoursespourlaplanete.com. Depuis le 18 avril 2008, Santé Canada, l'office public de santé du Canada, a classé le bisphénol A au rang des toxiques, apprend-on sur le site Wikipedia. Il s'agit d'une première dans le monde, qui ouvrirait la voie à des mesures contre ce composé chimique omniprésent dans la vie de tous les jours, a indiqué le quotidien The Globe and Mail selon l'A.F.P. La décision du Canada serait l'une des plus importantes prises contre un produit chimique depuis plusieurs décennies et elle accroîtrait la pression sur les États-Unis et l'Union européenne pour qu'ils revoient aussi le statut du bisphénol A.
De plus, selon un rapport préliminaire du gouvernement américain, "il y a certaines inquiétudes quant à des effets sur le système nerveux et hormonal des foetus, des nouveaux-nés et des enfants. De faibles niveaux de bisphénol au moment du développement du corps peuvent provoquer des changements dans le cerveau, de la prostate, des glandes mammaires ainsi que l'âge de la puberté chez les filles. Dans la mesure où ces effets sur les animaux se produisent avec des niveaux de bisphénol comparables à ceux auxquels sont exposés les humains, la possibilité que ce produit chimique puisse altérer le développement ne peut pas être écartée", nous indique Ushuaïa Terre.
D'après Le Monde, la direction générale de la santé a saisi l'Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) afin qu'elle se prononce sur d'éventuelles nouvelles recommandations quant aux niveaux acceptables de bisphénol A. L'Afssa a prévu de rendre son avis pour fin août 2008.
D'après Wikipedia, l'industrie du plastique a longtemps affirmé que le bisphénol A est sans danger pour l'homme, minimisant ou réfutant les tests donnant des résultats contraires. 11 études effectuées par des industriels ne mettent aucun risque en évidence, tandis que d'après un rapport de Frederick vom Saal et Claude Hughes 90% des 104 études indépendantes montrent un risque possible. En 2005, une équipe conduite par S.M Belcher a démontré que de faibles taux de bisphénol-A peuvent entraîner une altération du développement du fœtus chez le rat.
D'après le Weblog de Stéphane Horel, le problème du bisphénol-A, c’est qu’il imite les œstrogènes, les hormones sexuelles féminines. Il est donc capable de perturber le système hormonal du corps humain. Une propriété qu’il a en commun avec plusieurs centaines de polluants présents dans les produits de consommation courante et appelés perturbateurs endocriniens. Sur les rats et souris de laboratoire, le bisphénol-A provoque un grand nombre d’effets très déplaisants : tumeurs des glandes mammaires, cancers de la prostate, puberté précoce, fausses couches, anomalies des spermatozoïdes, diabète de type 2, altérations du système immunitaire, troubles du comportement, aberrations chromosomiques, problèmes neuronaux.
Le Bisphénol A est l'un des composés chimiques les plus largement répandus dans le monde. Il entre dans la fabrication d'une multitude de produits : outre les C.D. et D.V.D., des lunettes de soleil, des casques de sécurité et de protection, des vitrages à l'épreuve des balles, des lampadaires, etc., on trouve le bisphénol A dans de nombreux contenants alimentaires : les biberons en polycarbonate, des gourdes de sport, des grosses bouteilles d'eau ou citernes d'eau en plastique rigide, le revêtements époxy-phénoliques des conteneurs d'eau potable et des cuves à vin, de la vaisselle, des gobelets, des récipients en plastique pour la conservation des aliments et le réchauffage au micro-ondes ; il sert aussi à fabriquer les résines recouvrant l'intérieur des cannettes et des boîtes de conserves alimentaires ou encore des scellements dentaires. Enfin, le bisphénol A serait également présent dans certains réseaux d'adduction d'eau potable, notamment dans les canalisations.
L'Agence de l'eau Seine-Normandie indique dans sa très complète fiche sur le bisphénol A (format P.D.F. ; 148 k.o.) de son "Guide pratique des substances toxiques dans les eaux douces et littorales du bassin Seine-Normandie" que des concentrations de l’ordre de 100 µg/L ont été trouvées dans l’eau de bonbonnes en polycarbonate.
Sur le blog "La grande invasion", on nous indique la signification des sigles pour reconnaître la matière des récipients en plastique (sigles indiqués sous les récipients) :
D'après Wikipedia version anglaise, le polysulfone (P.S.U.) est également obtenu à partir du bisphénol A, ce qu'on m'a confirmé au service consommateur de Béaba. Le polysulfone semble se rapprocher du polycarbonate (en plus cher) ; par contre, le polysulfone aurait une bonne résistance à l'hydrolyse, contrairement au polycarbonate. Est-ce que cela limite pour autant la migration du bisphénol-A dans les aliments ? Et donc est-ce que le polysulfone serait moins nocif que le polycarbonate ? J'aimerais bien avoir l'avis de chimistes ou de toxicologues sur le sujet...
On parle des biberons pour les bébés, mais les mamans ou les papas qui préparent les petits plats maison pour leur bébé s'interrogent aussi sur la matière des bols de leurs appareils multifonctions pour la préparation des repas de bébé. Après avoir mené mon enquête et repéré le code P.C. sous le bol du Bébédélice et le code P.S.U. sous le bol du Babycook, je me suis fait confirmer ces informations auprès des services consommateurs de Babymoov et de Béaba :
Nous n'avons pas trouvé d'alternative sans bisphénol A pour ce type d'appareil... dommage. Mais comme ils sont bien pratiques et qu'ils simplifient la vie, on se contentera de suivre les recommandations d'utilisation, afin de limiter les risques (et de surveiller s'ils sortent des bols dans une nouvelle matière).
Enfin, on notera que les baby portions et maxi portions de Beaba sont également en polycarbonate. Nous avons donc commandé seulement un de chaque (car pratiques pour leur graduation précise) mais nous utiliserons les babybox de Babymoov en polypropylène (P.P.) pour stocker, congeler ou réchauffer les petits pots maison de bébé.
Voici quelques conseils, principalement trouvés sur le très bon blog de Stéphane Horel :
Va-t-on bientôt assister en France à une ruée des jeunes parents dans les magasins pour acheter des biberons en verre, comme cela s'est passé au Canada qui a connu des ruptures de stocks ? Nous avons, en ce qui nous concerne, déjà appliqué le principe de précaution et acheté nos biberons Bébé Confort en verre !
Quelques biberons ne contenant pas de bisphénol A :
Attention toutefois, certaines des marques ci-dessous ne vendent pas que des biberons en verre, en polypropylène ou en polyéthylène !